Plus haut que les flammes

Un projet porté par Rhizome et mis en scène par Simon Dumas. Texte et lecture de Louise Duprez. Musique Nicolas Jobin.

Un article paru sur le site Les méconnus.

Écrire pour ne pas oublier; écrire pour témoigner à son tour du choc vécu une fois passées les grilles de l’entrée, vu les tas de souliers empilés ou les biberons cassés, arpenté les chambres à gaz et les couloirs hérissés de fils de fer barbelés rouillés; écrire pour lutter contre la peur de l’ignorance et de l’oubli; écrire pour ne pas vouloir s’en laver les mains et détourner les yeux d’un passé auquel on croyait ne pas appartenir; écrire pour regarder l’horreur bien en face et lui opposer ses espoirs et sa mémoire universelle; écrire pour dire que la vie est plus forte, pour dire que l’amour est encore bien vivant, et ce, même si parfois on tue des enfants; écrire pour continuer à aimer tout simplement.

C’est après une visite des camps d’Auschwitz et de Birkenau que l’auteure québécoise Louise Dupré a écrit le vibrant cri poétique qu’est Plus haut que les flammes. Pour conjurer l’horreur d’un million d’hommes, de femmes et d’enfants exterminés en ces lieux mêmes, entre 1940 et 1945. C’est pour eux et pour les plus de cinq millions d’autres broyés par la barbarie nazie que témoigne Louise Dupré, mais c’est aussi — et peut-être surtout — pour tous ceux qui n’ont pas été témoins de cette folie des hommes. Était-ce Deleuze qui disait qu’on écrit pour ce qui meurt, à sa place, pour prêter sa voix à celui qui l’a perdue?

Dans une mise en scène dépouillée où les images de Jonas Luyckx viennent plonger le spectateur dans l’univers des camps, la poète se fait lectrice dans un face à face complice avec le compositeur Nicolas Jobin qui a su offrir une musique et un chœur inspirants (et inspirés) à la poésie sans compromis de l’auteure.

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